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Originaire du Mono, Benjamin Deguenon a vécu à Abomey (Bénin) de nombreuses années. Il utilise ce lieu empreint d’histoire et riche en traditions pour nourrir son imaginaire. Mais vivant et travaillant à Cotonou, son terroir de création est son environnement : vieilles tôles, débris d’emails colorés, fils en cuivre, ramassés dans la « jungle urbaine » puis percés, cousus, poncés, vernis et assemblés pour recréer l’espace de la toile. Les toiles ainsi créés sont les fenêtres, les portes, pour parler du visible et de l’invisible. « Elles sont porteuses de mon univers culturel, expriment mon regard empreint de scènes de vie quotidiennes de mon continent, de mon pays. » Ces toiles se créent à partir d’objets récupérés et assemblés selon des géométries élaborées qui les mettent en valeur et les ramènent à la vie.
« J’ai choisi ces supports pour leur endurance, pour mettre à l’épreuve mon endurance, parce je lutte avec cette matière, elle me résiste, je me forge à son contact, elle me transforme autant que je la transforme, elle me rend les coups que je lui assène, je sue, je crie, mais je sais qu’elle supportera le soleil, qu’elle ne va pas craindre la pluie, qu’elle transmettra ma joie et ma souffrance, mes dires, qu’elle résistera à l’épreuve du temps. »
Fabiola Badoï
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